Ce n’est pas un mémoire, non. Juste des lignes sur comment être soi-même. Même en silence. Même en privé. Même dans la vieillesse.
Parce que la vraie vie vient de l’intérieur. Ça a toujours été le cas. Je n’ai juste pas appris à le voir ainsi tout de suite.
Chapitre 6 : Parler au miroir
Un matin, je me suis regardé dans le miroir. Je ne me suis pas contenté de me lisser les cheveux ou de vérifier les boutons de ma chemise. Je me suis vraiment regardé – profondément, attentivement, patiemment. Et pour la première fois, je n’ai vu ni les rides, ni les cheveux blancs, ni la fatigue. J’ai vu dans mon reflet un homme qui avait compris beaucoup de choses. Et qui s’était enfin accepté.
Nous avons l’habitude d’attendre que quelqu’un nous accepte – parents, partenaire, amis, collègues. L’approbation, la reconnaissance et le soutien sont importants pour nous. Mais la vie est faite différemment : tant que l’on ne s’accepte pas soi-même, personne ne nous acceptera vraiment. J’ai compris que tout ce chemin – six décennies – n’était pas une question de réussite, de carrière ou de statut. Mais de réconciliation avec soi-même.
Je n’ai plus honte de mes erreurs. Je ne me culpabilise plus pour les occasions manquées. Je ne me compare plus aux autres. J’ai appris à me regarder dans le miroir et à me dire : « Tu es toi-même. Et ça suffit. »
Chapitre 7 : Les leçons du silence
Le silence est effrayant au début. Surtout quand on a vécu toute sa vie dans le bruit – travail, famille, actualités, musique, conversations. Quand tout cela disparaît, un écho effrayant persiste. Mais si l’on ne fuit pas le silence, mais qu’on y entre, il se dévoile. Dans le silence, j’ai commencé à m’entendre.
C’est là qu’est née l’idée d’écrire mes souvenirs. Ni pour le public, ni pour la postérité. Simplement pour laisser une trace. Je prenais un épais carnet et j’écrivais une page chaque jour. Parfois, juste un souvenir. Parfois, une pensée. Parfois, une description de la matinée, un thé, une promenade. Et plus j’écrivais, plus je ressentais clairement : ma vie était accomplie. Qu’elle ne soit pas comme dans un film. Qu’elle soit sans victoires éclatantes. Mais elle est bien la mienne.
Le silence m’a appris à écouter. Moi-même, les autres, le monde. J’ai commencé à remarquer le chant du vent dans les feuilles. La douceur de la pluie qui goutte. Le bruissement des pages d’un livre. Tout cela, c’est la vie. On ne le remarquait pas avant, à cause du bruit constant.
Chapitre 8 : Seconde jeunesse
Il existe un mythe : après soixante ans, on devient inutile. On dir