Premier pilier : la capacité d’être seul
Il ne s’agit pas ici de solitude, ni de tristesse ni d’isolement. Il s’agit d’indépendance intérieure. De la capacité d’être seul avec soi-même – et de ne pas se sentir vide. Je me souviens de ma tante Lida. À première vue, une femme seule : pas de mari, pas d’enfants, pas de compagnie bruyante. Et comme elle était épanouie ! Un livre, du thé au citron, du tricot, de la musique classique – et une harmonie intérieure profonde et paisible. Puis, quand j’étais jeune, il me semblait qu’elle s’était simplement résignée. Et maintenant, je sais : elle s’était découverte et savait être son propre monde.
J’ai commencé à apprendre ça trop tard. Mais j’ai commencé quand même. J’ai arrêté de m’inquiéter du silence de mon téléphone. J’ai appris à marcher seul, à observer les oiseaux, l’ombre des arbres, les odeurs de l’herbe. J’ai même commencé à accueillir les levers de soleil. Pas pour quelqu’un, pas pour une photo sur les réseaux sociaux, mais juste comme ça. Parce que je peux. Parce que je veux être avec moi-même, et il y a tout un univers là-dedans.