J’ai vécu six décennies, et pendant près de quarante d’entre elles, j’étais convaincu : le plus important dans la vie, ce sont les êtres chers. On croyait qu’avec l’âge, ce sont les proches, les amis fidèles et un être cher qui deviendraient un coussin d’air, un havre de paix où l’on pourrait sereinement affronter la vieillesse. Mais la réalité s’est avérée tout autre. Progressivement, pas soudainement, mais petit à petit, je me suis retrouvé seul.
Le fils a sa propre famille : trois enfants, du travail, une éternelle course contre la montre. Sa femme est partie depuis longtemps : nos chemins se sont séparés, et aucun de nous n’a cherché à revenir. Des amis… Certains sont partis, d’autres sont partis, d’autres ont tellement changé qu’il n’y avait plus rien à se dire. Il s’est avéré que la vieillesse n’est pas le fruit d’un effort, mais une épreuve d’endurance. Et me voilà, assis dans la cuisine avec une tasse de thé, dans un silence absolu, et je comprends : la véritable richesse de la maturité ne réside pas du tout dans ceux que nous avons l’habitude d’appeler nos proches. Elle est ailleurs.
J’ai réalisé que la vie repose sur quatre piliers fondamentaux qui nous donnent la force de continuer. Plus tôt on apprend à s’appuyer sur eux, plus la vie est facile à tout moment, jeune comme vieux.